Un petit roman acheté en Corée que je comptais justement acheter là-bas comme en plus il a été écrit par un auteur coréen. Sorti en français chez Picquier, n'ayant pas eu l'occasion de le lire, j'en ai donc profité pour l'acheter dans la langue de Shakespeare en Corée. Commencé dans un superbe salon de thé, je l'ai ensuite lu en deux bonnes semaines je pense, jusqu'à le terminer à mon retour en France. Se déroulant à Séoul et particulièrement dans le quartier de la gare centrale de Séoul et celui de l'université Sookmyung ( au sud ouest de la gare), dans le quartier de Cheongpa-Dong, je visualisais en plus parfaitement les lieux, ajoutant de l'affect à la lecture.
On suit donc Dokgo, un homme d'un âge indéfini, vivant dans la rue, dans les abords de la gare de Séoul justement. Il faut savoir qu'en Corée les sans domicile fixe sont très peu visibles, il y en a surtout vers la gare de Séoul mais il est très rare d'en croiser. Notre héros est devenu SDF on ne sait comment, a perdu la mémoire et boit beaucoup. Il vit dans des conditions difficiles et sommaires, relatives à son malheureux statut. Un jour, il retrouve le sac d'une dame, Mrs Yeom, à la retraite et gérant un convenient store ( commerce ouvert H24). Celle-ci réussit à joindre l'homme qui a trouvé son sac, et pour le remercier de sa gentillesse, lui propose de l'embaucher dans son commerce. L'homme est au tout début assez réfractaire, n'ayant pas travaillé depuis des années et n'ayant pas confiance en ses capacités. Finalement, formé par Sihyeon, une jeune femme très dégourdie, préparant le concours d'entrée pour les fonctionnaires ( un concours beaucoup préparé en Corée, permettant un travail stable), il va prendre en confiance.
Entre Mrs Yeom, patronne faisant tout pour que ses employés se sentent bien et pensant à eux avant de penser à la prospérité de son commerce, Sihyeon au début un peu méfiante en face de cette drôle d'énergumène qui bégaye et semble étrange et Seonsuk, une femme d'un certain âge vivant seule avec son fils de 30 passant ses journées enfermé dans sa chambre, la nouvelle vie de Dokgo se transforme petit à petit. Il prend confiance en lui, note diligemment tous les conseils dictés par Sihyeon relatifs au métier de vendeur en convenient store, et commence à disperser ses petites attentions autour de lui.
Au fil du temps, l'homme dont on n'avait pas accès au point de vue, devient plus lisible grâce à l'obtention de son point de vue vers la fin du récit. Plusieurs situations avec des clients sont racontées, comme celle de grands-mères où Dokgo leur apporte leurs victuailles jusqu'à chez elle, celle où il concocte une boisson à base de thé au blé aux personnes buvant plus qu'à l'accoutumée, et fait même du zèle en restant plus que nécessaire le matin à la fin de son shift.
De son côté Sihyeon, Seonsuk et Mrs Yeom ne sont pas en reste ayant chacune leurs difficultés entre devoir faire des choix de carrière, et devant faire avec des fils à l'apparence paresseuse et ne leur attirant que des problèmes. Une jolie histoire sur les secondes chances, sur le travail en Corée, les relations humaines. Une belle lecture que j'ai beaucoup aimé découvrir.
"The second chance convenient store" de Kim Ho Yeon, payé environ 8€

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