Troisième titre des éditions de l'Iconoclaste que je lis de suite, vous aurez donc une vidéo consacrée à ces trois livres. J'ai des phases comme ça où j'aime bien lire plusieurs livres du même éditeur. Je pense que vous le savez je me répète c'est clair, mais les éditions de l'Iconoclaste font partie de mon top cinq de mes éditeurs préférées, je lis quasiment tout ce qu'ils sortent, il est rare que le sujet ne m'intéresse pas. À sa sortie, la maison a donc parlé de "Touche fantôme" de Amaury Da Cunha sur son compte Instagram, je me suis donc empressé de me rendre dans la librairie où je travaillais, pour me l'acheter. J'avoue que j'ai à peine regardé le résumé, je l'ai simplement embarqué avec moi. Très fin, ce roman de 150 pages est assez original et parle du téléphone.
Un sujet original me dirigez-vous comme fil conducteur d'un roman. C'est un peu ce que je me suis dit, mais comme je lis de tout, j'ai débuté ma lecture. L'évènement clé du roman est la mort du frère de l'auteur en 2009. En effet, son petit frère Charles habitait et travaillait alors à Singapour, se jette du haut de la tour de laquelle il travaille. Une tragédie qu'Amaury a apprise par téléphone de la part du patron de l'entreprise où travaillait son frère. Il nous raconte alors son rapport amour haine qu'il vit avec cet objet de technologie, imaginé il y a plus de 150 ans tout pile, par Alexander Graham Bell ayant déposé le premier brevet en 1876.
Il revient tout au long du roman sur la figure très importante de son petit frère parti trop tôt, entre autres anecdotes téléphoniques. Par exemple son ami Fabrice qui l'appelle régulièrement alors qu'il est sur la route, son autre ami Jean-François qui vit plutôt dans le passé n'ayant pas grand-chose à dire, un peu comme un fantôme nostalgique de sa jeunesse. L'auteur également journaliste au Monde des livres, enregistre régulièrement ses conversations avec ses amis et ses proches afin d'immortaliser ces voix. Via le téléphone, des émotions se transmettent, des silences, des rires, des intonations de voix, qui font entièrement partie de la communication. Mais comment faire alors lorsque ses voix disparaissent et qu'il est impossible de les entendre de nouveau ?
Il se rappelle alors les anciens modèles avec lesquels il communiquaient avec sa famille, son père avec lequel il a des conversations difficilement au téléphone mais qu'il appelle pourtant très régulièrement. Les mauvaises nouvelles apprises par ce biais là, dont on a absolument aucune trace plus tard, d'où le fait qu'il les enregistre. Plein d'anecdotes et de réflexions s'enchaînent sur cet objet désormais complètement lié à nos vies. Il utilise même l'expression « avoir un Charles dans la gorge" page 122 lorsque justement il parle de son frère décédé. Le téléphone qu'il avait alors sur lui, le tout premier iPhone, devenant une véritable relique. J'ai beaucoup aimé l'anecdote vers la fin du roman qui parle de la cabine du vent, la fameuse cabine téléphonique située dans la ville de Otsuchi au Japon, imaginée par un homme suite au séisme de 2011 afin de rendre hommage aux victimes. Ce même lieu qui est le lieu central du roman "Ce que nous confions au vent" de Laura Imai Messina, ça m'a fait drôle de retrouver ce lieu dans un autre roman. Une très belle image pour communiquer avec ses défunts.
Je vais m'arrêter là pour ce roman, je vous laisserai le plaisir de le découvrir, dans lequel l'objet téléphone qui pour beaucoup de personnes est indispensable, est décrypté et le fil conducteur principaux du roman. J'ai trouvé cette lecture très originale et émouvante également, puisque tout part d'un deuil.
"Touche fantôme" de Amaury Da Cunha, 18.50€
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