Le tout dernier David Foenkinos. Adorant cet auteur dont j'ai lu plus de la moitié des romans, j'avais très hâte de découvrir son dernier comme chaque année. Avec « Je suis drôle », qu'une ancienne collègue m'a prêté, ( ce qui explique que je n'ai pas la version finale avec le bandeau), j'ai beaucoup ri et j'ai été émue. Lu en deux jours au travail comme on n'a quasiment rien à faire en ce moment, j'ai profité de ce moment-là pour découvrir son nouveau roman. Enchaînant donc après l'essai de Leïla Slimani avec celui-ci on reste donc chez Gallimard.
On suit donc Gustave Bonsoir, qui a la petite vingtaine au début du roman. On va revenir dans son passé pour comprendre comment il est devenu célèbre. À l'âge de cinq ans, il se fait adopter par un couple, elle directrice d'une école primaire et lui professeur des écoles. Sa mère biologique Mélanie est décédée très jeune d'une maladie. Le père biologique quant à lui ne voulait pas de l'enfant. Gustave vit dans l'amour et la proximité avec ses parents, ayant toujours l'envie de faire rire son entourage. Après avoir inventé 1000 excuses complètement improbables pour justifier son retard, tenu un carnet avec des blagues, il se décide à vouloir devenir comédien. À l'âge de 17 ans il rencontre Margot et c'est le coup de foudre absolu. Elle, elle trouve Gustave beau, et lui n'ose pas aller la voir. Quand même leurs intérêts soient réciproques. Certaines phrases m'ont beaucoup fait rire et bien qu'il s'agisse de moments quand même tristes, l'auteur réussit à faire en sorte que ce ne soit pas plombant « son père ayant décidé de fonder une nouvelle famille, visiblement plus excitante que la précédente » page 27, pour parler du père de Margot qui n'est pas du tout présent. La mère de Margaux disant à sa fille que son père est un con. Plutôt clair et efficace.
Après le bac Gustave décide d'aller à Paris, et de tenter une carrière de comédien. Il se rend alors au Comedy Pigalle, une scène accueillant des apprentis comiques. « Le rire devenait une matière précieuse, une drogue même. On pouvait aller de club en club pour assouvir son absolu besoin de distraction » page 33. Ici, l'auteur émet une véritable réflexion quant au divertissement et au rire dans un pays où beaucoup de choses vont mal, ou les gens sont stressés et ils ont besoin de se détendre. Le jeune garçon se prête à l'exercice de se produire dans ce théâtre, dans l'espoir de pouvoir revenir et de devenir un temps soit peu connu. Mais les choses ne vont pas se passer de cette façon-là… Il est alors un peu dans une impasse, il perd confiance en lui, et invente même une pseudo pièce de théâtre sur laquelle il travaillerait, "En attendant Godot" de Samuel Beckett, afin de justifier son indisponibilité à ses parents. « Catherine dit sa hâte de voir ce spectacle. Elle attendait vraiment Godot. » Page 114. Le fameux Samuel Beckett revient même alors que Gustave est à l'hôpital et note ce nom là en guise de contacts d'urgence. Il est alors sidéré devant une telle ignorance du corps médical n'ayant pas reconnu le nom de l'homme...
La vie de notre jeune garçon se poursuit, alors qu'il n'a même pas 20 ans et doit survivre dans la capitale. Son rêve semble s'éloigner mais il ne faut jamais perdre espoir n'est-ce pas ? Dans la suite du récit sans trop vous en dire, j'ai beaucoup aimé certaines expressions en rapport avec l'art qui m'ont beaucoup fait rire, comme « il considérait leur amour comme une œuvre installée sur un socle fixe, une sorte de sculpture posée-là et qu'on finit par ne plus regarder. C'était une grave erreur. Il aurait plutôt dû considérer son mariage comme une exposition temporaire » page 130. Le destin de Gustave Bonsoir prend alors un tour inattendu.
Un roman court, moins de 180 pages, à voir si la version finale est la même que l'exemplaire des épreuves non corrigées, mais que j'ai beaucoup aimé. J'ai passé un très bon moment de lecture comme avec tous les romans de David Foenkinos qui ne me déçoivent jamais, et qui abordent à chaque fois un thème différent. Il sait manier avec grande agilité l'humour sur un fond quand même de vie qui n'est guère drôle. Ce roman m'a beaucoup fait rire, m'a même émue à la fin, je vous recommande à tous de le lire.
" Je suis drôle" de David Foenkinos, 20€
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