Comme j'avais lu et beaucoup aimé les romans précédents de l'autrice, je ne les ai pas tous lus mais certains, et j'avais passé un bon moment, j'avoue que j'avais assez hâte de découvrir le tout dernier roman de Serena Giuliano " Volare". Je l'ai lu, car c'était le début du printemps et que j'avais envie de me replonger dans son style, mais en fait il s'est avéré que j'ai enchaîné avec ce roman traitant de la dépression comme sujet principal, alors que je venais justement de terminer un roman sur le même sujet. J'avoue que j'avais un peu peur de lire deux textes sur le même sujet, qui en plus est quand même assez dur, mais pour autant l'autrice a largement réussi à parler d'un sujet difficile, mais sans que cela fasse pleurer dans les chaumières, et en ajoutant quelques répliques très drôles grâce aux auxquelles j'ai beaucoup ri. Un roman donc avec un vrai fond, un vrai sujet, mais pour autant un traitement vraiment agréable.
On suit donc Ambre, 37 ans, qui travaille comme CPE dans un collège. Elle prend son travail très à coeur, adore devoir s'occuper de tous ces petits êtres dont les hormones sont à vif, faire le lien entre l'établissement les parents et les élèves. Sauf qu'un jour elle n'arrive plus à sortir de sous son plaid, à se lever et à manger autre chose que des biscottes avec du ketchup. Elles se sont submergée et on ne sait au début pas vraiment pourquoi. "Dans mon petit appartement du centre-ville, je cohabite depuis quelques temps avec désordre et cochonnerie, deux colocs envahissants dont j'ai vraiment honte. Moi qui suis habituellement si maniaque, je suis passé de Bree Van De Kamp à souillon. Mon ancien moi me semble si loin » page 16. On apprend rapidement qu'elle a plus de 10 ans d'écart avec ses deux petites sœurs jumelles, qu'elle a quasiment élevées, lorsque sa mère n'allait pas bien, ne s'attendant pas à devoir se remettre aux couches qui plus est avec deux bébés. Ambre a toujours tout porté à bout de bras, géré la famille, sans aucune reconnaissance et sans aucune aide. Elle est l'aidante mais personne ne l'aide à son tour.
Un jour c'en est trop pour elle, son corps refuse de bouger. Elle accepte donc de parler à un psy et d'être mise sous antidépresseurs avant d'être en arrêt maladie. Elle n'ose pas dire la vérité à ses proches elle qui a toujours été une figure stable dans la famille. Sa seule compagnie est alors Geneviève, une IA "catastrophe écologique" « de toute façon pour le moment je ne peux pas, j'ai célibat et dépression »
Pour autant, elle va retourner au Collège, fidèle au poste, on va découvrir un peu certains élèves de l'établissement dont Charlotte qui m'a fait beaucoup rire, une petite fille très mûre pour son âge qui dit de façon assez exagérée dans ses phrases comme "Madame Ambre vous êtes très jolie aujourd'hui, vous n'avez pas du tout abusé sur le blush » alors que justement ce jour-là elle en avait trop mis. Des moments pleins d'humour et d'innocence qui m'ont fait beaucoup sourire. Le roman est assez court je ne vais donc pas vous en dire plus, mais comme sa dépression ne semble pas vouloir disparaître, un jour son amie Manuela d'origine italienne, va insister pour qu'elle se rende sur la terre de celle-ci, à savoir la Sicile. Là-bas, comme le roman précédent « Brûler grand », elle va se retrouver dans une espèce de retraite, à côtoyer des personnes qui comme elles ont souffert. J'avoue que j'ai dû prendre des notes pour ne pas confondre avec le roman précédent qui traitait du même sujet, mais je peux dire que j'ai beaucoup aimé ce moment en Sicile, véritable changement d'air pour notre timide CPE. Entre un couple de luxembourgeois qui sont lovey-dovey, Virginie la vingtaine passionnée de yoga, Benoit 50 ans qui prend le temps de vivre après un burnout et Stéphanie qui a envie de buter tout le monde, l'ambiance est présente.
Bref un roman frais et lumineux à l'image de Serena Giuliano, où il y a de l'espoir de partout même dans les situations les plus désespérées. J'aime beaucoup la façon de voir les choses de l'autrice, bien que parfois on pourrait penser qu'elle est quand même un peu trop simple et naïve. Mais franchement vous savez quoi ? De temps en temps ça fait du bien juste d'y croire
"Volare" de Serena Giuliano, 18.90€
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