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Mon mari

 Un roman très célèbre que j'avais enfin envie de découvrir depuis le succès que ce roman a eu. Je parle de "Mon mari" de Maud Ventura, traduit dans de nombreuses langues et s'étant vendu à plus de 400 000 exemplaires. Ayant seulement lu de l'autrice "Célèbre" que j'avais adoré, j'avais vraiment hâte de découvrir celui-ci dont beaucoup de gens parlaient. Je l'avais acheté alors que cette magnifique édition était sortie à l'occasion des fêtes de fin d'année en 2024. J'avais donc sauté sur l'occasion pour me l'offrir et enfin le lire un jour. C'est enfin chose faite plus d'un an après l'avoir acheté. Mieux vaut tard que jamais n'est-ce pas? 

On parle donc d'une femme dont on ne connaît pas le nom, aimant follement son mari. Jusque là rien de bizarre sauf qu'elle aime particulièrement follement son mari et ce depuis quinze ans, depuis qu'ils sont ensemble. Elle aimerait que seule elle et son mari soient ensemble sans même leurs enfants, qui lui mangent du temps entre elle et son mari, l'amour de sa vie. Pour notre héroïne prof d'anglais et traductrice d'anglais, sa vie entière tourne autour de son mari. Elle note tout ce qu'il fait dans des carnets colorés dont chaque couleur renferme un sujet. S'il ne lui a pas souhaité bonne nuit, s'il ne lui a pas pris la main devant la télé, lui a à peine adressé la parole, elle se venge selon la gravité du "méfait". Elle consigne tout ce qui aurait rapport de près ou de loin avec son mari, terme qu'elle aime particulièrement utiliser, ayant la notion de propriété. Elle note ses goûts musicaux, les discussions qu'ils ont eues, sa terre tourne autour de lui.

Elle a toujours associé un jour de la semaine à une couleur. Ainsi selon elle, les lundis sont synonymes de renouveau, un de ses jours préférés contrairement à beaucoup de monde, un jour bleu profond, royal, intense. L'occasion pour elle de démarrer une nouvelle semaine avec celui qu'elle aime tant, son mari. Le mardi est le jour noir qu'elle n'aime pas, le mercredi la journée orange, couleur qu'elle commence à détester à partir du moment où son mari l'associe au fruit qu'est la clémentine, loin d'être sexy selon elle, le jeudi est le seul jour où elle se permet de tromper son mari, un jour jaune, généralement une journée qu'elle aime, mangeant un solide petit-déjeuner afin de pleinement embrasser ce jour, le vendredi étant la journée verte. Le samedi et dimanche représentent quant à eux le rouge pour le samedi, une journée sans cesse à réinventer organisée autour des enfants, et le dimanche est un jour blanc, de paix, tranquille dont la routine est bien huilée. Selon les jours de la semaine, elle s'autorise à porter telle ou telle couleur de vêtement ou de rouge à lèvres qu'elle ne fait pas les autres jours. 

Elle admet préférer passer son temps qu'avec son mari qu'avec ses enfants, prenant l'attention du mari qui n'est donc plus entièrement disponible pour son épouse qu'il surnomme "ma douce", n'ayant que peu de marques d'affection pour elle. Une femme qu'il prend pour acquise, rentrant le soir assez tard, alors que le dîner est déjà servi, sa femme passant son temps à l'attendre, et à organiser sa vie entière en fonction de lui. Elle remarque que son mari et elle n'aiment pas les mêmes jours, lui adorant le samedi et elle non tandis qu'elle aime les lundis et lui non. Si seulement ils pouvaient être alignés sur cela... Chaque jour elle s'apprête pour son mari, agit pour lui, et se couche chaque soir maquillée afin qu'il ne la voit pas au naturel. Elle n'ose même pas aller aux toilettes de l'étage... Tant d'actes paraissant anodins, qui montrent à quel point leur couple est étrange, et à quel point elle n'a pas confiance en elle. Son désir et son amour sont si grands qu'elle a besoin de tromper son mari pour supporter tout l'amour qu'elle a pour lui. Il ne supporterait pas tout cet amour et voudrait qu'elle se contienne... 

Le roman se déroule sur seulement une semaine, chaque jour de la semaine y est raconté avec précision. Un roman grinçant, follement génial, que j'ai adoré. Je comprends l'engouement de par le caractère unique du récit, drôle, frais, parfois un peu violent et barré. Mais pourtant tellement terre-à-terre, situation pouvant clairement avoir lieu dans la réalité. 




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