Dernièrement, comme j'ai appris qu'un de mes auteurs préférés de tous les temps à les sortir, un nouveau roman, roman bientôt, j'ai décidé de lui rendre hommage, en attendant le moment où celui-ci sortirait."Profession romancier" de Haruki Murakami, est un livre autobiographique, écrit par l'auteur japonais contemporain. Je l'avais acheté il y a quelques mois, et je me le gardais sous le coude. Je l'ai lu en trois jours, terminé un dimanche après-midi au soleil dans un parc. Une très belle façon d'achever ce livre, qui pour une fois n'est pas un roman, mais dans lequel l'auteur japonais nous partage son métier de romancier, ainsi qu'un peu de sa vie. On y apprend énormément de choses, et bien que le livre soit fin, il évoque pleins de sujets. J'ai pris pleins de notes durant la lecture de ce livre, et je vais essayer de vous retranscrire ça au mieux.
Déjà, on apprend que l'auteur japonais désormais traduit dans plus de 50 langues, a commencé sa carrière, alors qu'il avait 30 ans. Son premier livre se nomme "Ecoute le chant du vent", et c'est suite à un match de baseball, qu'une idée, une épiphanie, comme il l'appelle, lui est venue. Il fallait qu'il écrive un roman. À cette époque, il tenait un bar avec sa femme, affaire difficile, qui ne lui laissait que peu de temps libre, créée de toutes pièces de leurs quatre mains. Depuis, suite à ce premier roman duquel des années plus tard, il n'est pas satisfait, il a toujours continué sa carrière d'écrivain, ou plutôt de romancier comme il l'appelle.
Ce livre paru il y a 10 ans, nous parle de son ressenti sur son métier, de la perception qu'il en a, de sa routine, de travail, et d'anecdotes en tout genres. Ce premier roman lui a valu un prix, mais il nous confie que justement, ces prix et distinctions, ne jouent pas un rôle fondamental pour lui. Il se fiche de ne pas avoir obtenu le prix Akutagawa, le sorte de Goncourt japonais, ni même d'avoir reçu le prix Nobel de littérature. Il écrit pour lui, et ses lecteurs, mais pas pour la gloire. Il nous partage sa perception du monde des écrivains, qui pour lui est fondamentalement solitaire. Seul devant son ordinateur ou ses feuilles de papier, avec ses idées. Isolé du monde. Il dit à quel point le monde des écrivains est égoïste, et qu'il est difficile de lier une amitié entre écrivains. Il compare cet univers, à un ring de boxe. Certains entrent sur le ring et y restent, tandis que d'autres sont éliminés assez rapidement.
Il nous partage sa routine, quasiment inchangée depuis plus de 40 ans, depuis qu'il exerce à plein temps ce métier. Environ quatre à cinq heures d'écriture par jour, règle à laquelle il ne déroge jamais. Ensuite un bon repas, de la course à pied, au moins une heure par jour, et les après-midis qu'il emploie à écouter de la musique, lire ou faire une sieste. Il se couche tôt et se lève tôt. Murakami, pense sincèrement qu'un esprit, sain dans un corps sein est la base pour rester en bonne santé, et il s'attelle fondamentalement à être en bonne forme physique.
On apprend qu'il a quitté le Japon pendant plusieurs années, pour vivre, notamment en Europe, comme en Italie, ou en Grèce, il se sentait plus libre de ses mouvements. Au Japon, en effet il était souvent victime de critiques par rapport à son style qu'on jugeait ne pas être de la littérature. À 40 ans il s'attaque au marché américain. Le but est pour lui de faire traduire ses œuvres à l'étranger et dans un premier temps aux États-Unis. Chose qui s'avère efficace, il signe dans un premier temps avec un éditeur, et se met lui-même en quête de faire traduire ses livres en anglais avant de les proposer à son éditeur américain. Ce n'est qu'avec son roman, "La ballade de l'impossible", qu'il s'hisse au-dessus du panier avec un nombre de ventes important. Titre également qui connaîtra du succès en Europe, tout d'abord dans les pays de l'ex URSS et en Russie. Il a d'ailleurs une réflexion intéressante à ce sujet. Il observe qu'après la chute du Mur de Berlin et lors de l'indépendance de certains pays de l'ex URSS, que les ventes de ses romans augmentent. Pour lui, cela marque la volonté d'un peuple, suite à un changement politique et sociale, d'une envie de renouveau.
Il nous partage sa façon de travailler sur un roman, se mettant à 100 % dans ce qu'il fait, refusant lorsqu'il travaille sur une nouvelle ou un roman, tout autre travaux d'écriture. Cependant, étant également traducteur de l'anglais vers le japonais, (on lui doit notamment les traductions japonaises de Fitzgerald et John Irving), il peut complètement mener de front le travail de création littéraire avec ses romans, et celui de traduction, qui pour lui sont deux activités complètement différentes. Il se confie sur ses années de scolarité, en disant qu'il n'a jamais été mauvais, mais que l'école n'était pas quelque chose qui appréciait particulièrement. Il préférait écouter des disques de jazz ou bien lire. D'ailleurs, son niveau d'anglais n'était pas incroyable, mais il était capable de lire des livres dans la langue de Shakespeare. Il regrette d'ailleurs que le système scolaire japonais soit trop concentré sur l'écrit et pas suffisamment sur l'oral, en visant simplement pour que les élèves aient de bonnes notes, et entrent dans de bonnes universités, sans penser à leur esprit critique, et à la communication dans la vraie vie.
Bref, une assez courte lecture, mais foisonnante d'information personnelle sur l'auteur que j'ai adoré découvrir. Forcément, comme il s'agit d'un de mes auteurs préférées, j'étais particulièrement curieuse de savoir comment il travaillait, surtout que depuis quelques années, il n'est plus autant prolifique. Mais comme ce livre a plus de 10 ans, nous n'avons pas d'informations sur ces 10 dernières années. D'autant que Murakami n'aime pas faire des apparitions publiques radio et télévisées. Il s'y adonne seulement une fois par an à l'étranger, ( notamment aux Etats-Unis où il fait traduire ses romans en tout premier lieu, ainsi qu'y a vécu). Pour lui c'est normal d'être un peu présent, mais selon lui un écrivain devrait écrire pour sélecteur, et c'est tout.
Bref, pour les curieux et curieuses de la vie de Haruki, Murakami et sur la profession de façon générale de romancier, je vous conseille vivement la lecture de ce livre. Par contre si vous souhaitez être plongé dans l'univers Murakami, ce ne sera pas la lecture que je vous conseillerai le plus évidemment, vu que celle-ci est entièrement basée sur le réalisme.
"Profession romancier" de Haruki Murakami, 8.30€

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