Un titre que j'avais dans ma bibliothèque depuis que j'avais quitté la librairie, m'étant acheté quelques titres profitant d'avoir toujours la réduction libraire. Je n'avais lu que deux titres de l'auteur japonais écrivant en français, "Suite inoubliable", et "La forêt de flammes et d'ombres" tous les deux publiés chez Gallimard que j'avais absolument adorés. Des thèmes très ressemblant, à savoir la famille, l'art, la musique et la guerre, la musique ayant la capacité de tout transcender. Deux lectures magnifiques de par les sujets, la façon dont ils sont traités, et la beauté de la plume. J'avais donc hâte d'élargir ma culture littéraire de l'auteur qui dégage une poésie particulièrement intense.
Pour "Ame brisée", dont plusieurs clientes m'avait parlé en librairie alors que j'étais libraire, on suit encore ces thèmes de prédilection aussi, mais cette fois-ci l'histoire commence en 1938 avec le début de la guerre entre le Japon et la Chine. Yu, joue du violon, avec trois autres musiciens amateurs d'origine chinoise. Tous les quatre répètent un magnifique concerto, alors que débarquent en plein milieu de la répétition des soldats japonais, ne comprenant pas que japonais et chinois soit mélangés en pleine guerre opposant justement ces deux pays. Yu essaye de se justifier en disant qu'ils ne font que faire de la musique, et qu'ils jouent un concerto européen, "Rosamunde" de Schubert. Juste avant l'entrée des soldats, l'homme a caché dans le placard son fils de 11 ans, Rei, qui assiste à la scène. Les échanges verbaux se font assez violents, et seul un lieutenant a l'air de s'intéresser à la musique faisant même jouer la troupe. Le lieutenant Kurokami, voulant dire en japonais "dieu noir". Au final la répétition est écourtée, le violon de son père fracassé au sol, et les quatre musiciens emmenés loin de là. Le jeune garçon sort du placard il rentre chez lui accompagné d'un chien shiba qui l'accompagnera pendant un moment. Il sera ensuite adopté par un homme, Philippe, ami de son père, un français, qui l'élèvera en France. Rei jusqu'à ses plus de 70 ans ne retournera jamais au Japon.
Ensuite vers le moment présent, Paris à notre époque. On découvre Jacques Maillard, luthier de métier, dont la profession consiste à concevoir, fabriquer réparer et restaurer des instruments de musique à cordes, notamment violon et violoncelle. L'homme exerce chaque jour son métier avec passion, ayant fait ses classes dans un atelier en Italie. On découvre qu'il s'agit du fameux jeune garçon japonais enfermé dans le placard alors que son père était emmené pendant la guerre, Rei. L'homme a maintenant 76 ans, et il a toujours vécu sa vie dans l'optique de réparer le violon de son père, idée qui ne l'a jamais lâché et qui a déterminé son choix de profession. Durant ses classes en Italie dans la ville de Crémone, ville du berceau de l'art de la lutherie, il a rencontré celle qui deviendra sa compagne de toujours, Hélène, archetière de métier, profession consistant à fabriquer la baguette de bois qui émettra les sons du violon. Un travail très minutieux comme celui de luthier, devant allier attention et équilibre de la baguette de bois. Un jour Hélène lit une interview d'une célèbre violoniste dans le monde entier une certaine Midori Kurokami. Elle en parle à son compagnon qui se mettra en relation avec elle, et découvrira quelque chose de fou en rapport avec la famille de la jeune femme ainsi que de la sienne.
Le roman nous plonge entre présent et passé, entre guerre, amour, héritage familial, musique, et passion de la musique. On va alors de découvertes en découvertes, Jacques apprend à renouer avec son pays d'origine où il retournera.
Un roman absolument magnifique qui m'a charmée de par sa poésie et sa prose, l'histoire est également très belle, même si très ressemblante aux deux romans que j'ai déjà lus de l'auteur. Au vu des sujets évoqués dans ses autres romans, j'ai vraiment l'impression que Akira Mizubayashi a ses thèmes de prédilection qu'il ne lâche pas, étant tout de même légèrement redondants. Même s'il faut l'avouer que les sujets tournent un peu en rond, je continuerai tout de même ma découverte des romans de l'auteur car je suis complètement emmenée ailleurs, dans une époque qui ne m'est pas familière, dont la musique berce et apaise. Une plume comme je n'en ai jamais lue et qui j'insiste, absolument sublime
" Ame brisée" de Akira Mizubayashi, 9.20€
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