Second titre de la rentrée littéraire Albin Michel que je découvre cette année. Je vous avais déjà dit que l'éditeur n'est pas celui duquel je lis le plus de livres, cette année on va changer ça. Je vous rédige présentement le second article de cette rentrée littéraire, et je suis actuellement en train de terminer le troisième titre. Dans ce livre-là qui m'inspirait parce qu'on allait y parler du Vietnam, Line Papin, de laquelle je n'ai encore jamais rien lu, nous informe au tout début du livre que cette histoire est inspirée de faits réels mais inclut des éléments de fiction. On est donc directement plongé dans l'ambiance, celle en somme de sa propre vie en partie.
On suit donc Line 29 ans, qui après un divorce a du mal à se retrouver. Elle est dans une pseudo relation avec un anglais qui se moque d'elle, ne souhaitant jamais qu'elle vienne lui rendre visite. "On nous avait pourtant biberonnés aux contes de fées, nous étions persuadées qu'un prince braverait moult péripéties, dragons, donjons, armées ennemies afin de nous serrer dans ses bras ; mais le prince désormais ne répondait pas aux textos, ghostait les appels, était très occupé, avait d'autres choses à foutre qu'à combattre un dragon, par exemple aller boire des pintes avec ses potes, et d'ailleurs il avait promis à trois ou quatre autres princesses qu'il viendrait bientôt les réveiller de leur long sommeil par un baiser", page 69. Line est vietnamienne, mais a quitté son pays d'origine à 10 ans pour ensuite habiter à Paris. Elle n'est jamais retournée dans son pays depuis. Alors en pleine introspection, questionnements personnels, elle décide de retourner au Vietnam qu'elle n'a pas revu depuis vingt ans.
À Paris, Line est écrivaine et scénariste. Elle est en pleine écriture d'un futur film, et elle travaille sur un prochain livre. Cependant elle va mettre ça en pause pour retourner dans son pays chéri. À l'arrivée, elle retrouve son père, Pierre, homme français installé là-bas depuis des décennies. Elle redécouvre le Vietnam qui a tant changé depuis tout ce temps. Elle retrouve des personnes chères à son cœur comme Thi, sa marraine par laquelle elle est invitée à retourner au Vietnam afin qu'elle reçoive la Légion d'honneur. Une femme que Pierre, son père, a rencontrée des décennies plus tôt, qui avait étudié le français, et qui donnait des cours de vietnamien à Pierre. Elle est donc naturellement venue s'inclure dans la vie de famille des parents de Line, entre son père français et sa mère vietnamienne. Cette double culture qui est une richesse, est également une difficulté pour la jeune femme. En effet, elle a quitté le Vietnam depuis si longtemps mais tant d'endroits lui manquent, et pourquoi pas revenir ici finalement ?
Des questionnements qui ne cesseront de la tarauder durant le temps pendant lequel elle sera au Vietnam. L'utilisation de plusieurs langues est également primordial dans le récit, "le français, la langue studieuse des livres, des intellectuels, la langue avec laquelle je réfléchissais aux choses sérieuses. Le vietnamien qui était la langue de la rue. Nous l'utilisions pour marchander, acheter de la nourriture, des jouets. Je parlais le vietnamien avec ma famille vietnamienne c'était la langue du quotidien. Et l'anglais était réservé aux amis. L'anglais était la langue que nous utilisions entre nous comme certains enfants utilisent le verlan » page 189. On est plongé avec elle dans l'atmosphère du Vietnam, pays que je connais très mal et que j'ai appris à découvrir à travers la plume de l'autrice. Elle retrouve la femme qui l'a élevée, sa nourrice Co Phai, qui vit dans seulement quelques mètres carrés avec son mari et ses enfants.
On assiste à une réelle modification du pays, qui s'occidentalise, construisant des tours et se modernisant. Tout comme le fait qu'un gros écart social se creuse entre les plus jeunes, bien habillés, et pour qui l'argent est important, et les plus âgés, étant très pauvres. Ça m'a rappelé la Corée du Sud pays que je connais bien, où ce clivage social là est également très fort. Line retrouve également Max, un ami d'enfance duquel elle était amoureuse. Elle se pose alors mille et une questions légitimes, qu'aurait été sa vie si elle était restée au Vietnam ? Et est-ce que sa vie future est réellement à Paris finalement ?
Entre ses réflexions de vie, elle passera du temps dans le bar dans lequel Max travaille, le Hanoï club, appartenant à sa marraine Thi qui a gravi les échelons étant passée de très pauvres très riche, avec son père, et à se balader dans les rues de Hanoï. Son point de vue est intéressant, étant tiraillée entre deux pays et deux cultures, deux langues, deux vies. À une échelle différente évidemment, je la comprends ayant un peu le même ressenti avec justement la Corée-du-Sud où j'ai vécu une année et où je ne cesse de retourner sans cesse.
" Hanoi stories" de Line Papin, 21.90€
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