Un des titres de cette rentrée littéraire que j'avais le plus hâte de lire, et croyez-moi c'est vrai. Ayant adoré les deux premiers romans de l'autrice allemande Vera Buck, dont j'ai lu le tout premier livre au mois de mai et son deuxième lors de sa sortie lors de la rentrée littéraire de l'année dernière, j'avais donc extrêmement hâte de découvrir son nouveau qui sort lors de cette rentrée littéraire 2026.
Après avoir situé son récit en Allemagne pour « Les enfants loups », et la Suède pour « Une cabane dans les arbres », avec son tout dernier roman « Un sombre été », on est plongé sur l'île de la Sardaigne en Italie. Je trouve ça donc intéressant qu'on ait à chaque fois un changement de décor au niveau du pays, pour le récit de ses polars. En quatre cent et quelques pages, l'autrice nous plonge dans un tout petit village fantôme de la Sardaigne, Botigalli, village fictif qui n'existe pas en réalité, dans lequel une tragédie s'est déroulée des années auparavant. L'intégralité du village sauf un homme qui a survécu, a été tué lors d'une nuit maudite. Notre protagoniste, Tilda, architecte allemande dont le père était italien, décide de quitter son pays d'origine, pour retrouver les terres du côté de son père, en faisant l'acquisition d'une maison pour un euro symbolique. Il s'agit en effet de la maison maudite, dont la quasi-totalité du village est morte ce soir-là.
Elle se retrouve donc seule entre elle et elle-même, sans réseau, sans voisin, et sans réelle activité à faire, ne serait-ce que des travaux de rénovation pour la maison. Elle va faire la connaissance de Enzo, journaliste qui enquête sur cette nuit maudite. Elle va apprendre qu'elle a un seul voisin, Silvio, un vieil homme grabataire de plus de 80 ans, étant l'unique rescapé de la nuit, s'étant apparemment défendu avec une fourchette. Elle en apprend un peu plus sur cette tragédie, tandis qu'elle croit entendre des pleurs de femme dans son jardin. Un soir, les cloches de l'église vont sonner, alors qu'il n'y a personne dans le village. "Il n'y a pas de lampadaire à Botigalli. Il n'y a même pas de noms de rue. Officiellement, le plus petit village de Sardaigne, avec ses soixante-dix habitants environ, est Baradili. Mais les statistiques ne prennent en compte que les villages encore habités. Botigalli est mort. Merveilleusement mort et perdu. » page 25.
Un jour, en fouillant dans les affaires de la maison qui n'a pas été vidée, elle retrouve une photo dont une des jeunes filles sur la photo a le visage troué, comme si quelqu'un avait fait un trou avec des ciseaux dedans. Qui est-elle? Tilda ne va pas être au bout de ses surprises car un jour elle voit débarquer son frère avec ses nombreux sacs devant chez elle. Ils sont complètement différent l'un de l'autre, mais vont devoir cohabiter un temps, jusqu'à ce que Nino disparaisse...
Le récit alterne entre ces moments du présent entre le point de vue de Enzo, d'elle, et celui de Franca, adolescente il y a 40 ans, qui vivait dans ce fameux village. Une jeune fille insouciante qui vivait un été tranquille avec ses copines, et les jeunes hommes du village. Son innocence va rapidement s'étioler, lorsqu'elle fait une découverte macabre, et lorsque son intimité est profondément heurtée... On découvre alors une espèce de tradition italienne, notamment sarde, dont je ne vais pas vous parler ici sinon je vous spoile le reste du récit, mais qui est profondément destructrice et représentative d'un besoin pécuniaire majeur. Et je ne parle pas de la mafia. Ainsi que du rapport homme femme à l'époque et surtout en Italie, avec la place de la femme. Dans le moment présent, l'été est brûlant, caniculaire, avec des températures à plus de 40°. Gros souvenir d'il y a quelques semaines en France n'est-ce pas ?
Bref, un récit très prenant, avec des personnages restreints, donnant une ambiance assez isolée et un peu angoissante. Une lecture que j'ai faite en deux jours, qui m'a littéralement happée, j'ai adoré me retrouver en Sardaigne après les polars de Piergiorgio Pulixi. Je pense que c'est clairement un endroit que je visiterai un jour, il attise beaucoup trop ma curiosité. En conclusion, encore une lecture de Vera Buck particulièrement réussie.
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