Un titre de la rentrée littéraire automnale publié aux éditions Calmann-Levy que j'ai pu lire avant sa sortie début juillet. Un très court titre dont une amie sur les réseaux, Carla m'avait parlé, en me disant qu'elle allait le lire, ça m'a donc rappelé que je l'avais moi aussi et que comme il était court, ce serait peut-être pas mal de le prioriser. Je l'ai donc lu en deux jours, en effet un assez court roman de 150 pages, très atypique où j'ai pas mal ri.
Au début du roman, on a une jeune femme, Inès, qui explique qu'elle a livré les lettres de sa mère Léonie Dantin, une comédienne, à l'auteur afin qu'il en fasse un livre. Cependant la fin était très surprenante, chose à laquelle je ne me suis pas attendue... On va donc découvrir cette fameuse Léonie Dantin, qui admet elle-même être méchante. Une femme comédienne, qui a une fierté énorme, un amour propre colossal, mais qui est en train de mourir. La pieuvre comme elle l'appelle, est en train de la dévorer. Elle se rend donc chez son médecin seule, sans son mari qui a eu une urgence, et elle lui en veut tellement. C'est lui, le professionnel qui va lui faire état de sa santé fortement déclinante. Suite à ce verdict sans appel, la comédienne va prendre une décision radicale. Se heurter de nouveau à son passé.
Elle nous parle de sa vie de famille avec Sébastien un homme beaucoup trop bon pour elle, et leurs enfants, Inès et Arthur. Des adolescents encore qui ont besoin de leur mère mais pourtant celle-ci ne sera bientôt plus là. Une femme qui navigue entre ses souvenirs du passé, les rôles qu'elle a endossés, et sa vie du présent. Un réel amour pour son travail où elle peut être qui elle souhaite être. Elle confie que sa méchanceté intimement, intrinsèquement enfouie en elle, ayant conditionné son choix de carrière. « Le théâtre est l'endroit parfait pour les filles qui veulent être à la fois méchantes et aimées. Hélas, la scène n'est pas la vie, c'est pourquoi, après un certain temps, les filles comme moi, les salopes nihilistes, veulent pouvoir être aimées à la ville comme elles le sont sur scène » page 16.
Son caractère très honnête, quant à sa propre personne m'a beaucoup fait rire, une héroïne pleine d'humour et d'autodérision. «Aussi loin que je me souvienne, je voulais tuer tout le monde, et tout ce que j'ai fait dans ma vie, même lorsque j'ai été gentille, je l'ai fait parce que j'étais méchante. Je suis devenue comédienne parce que j'étais méchante. » page 19.
On a ce genre de phrase assez souvent dans le récit, ce qui est assez surprenant, car souvent les héros des romans n'ont pas cette pleine perception objective d'eux-mêmes. Et c'est ça que j'ai trouvé rafraîchissant dans ce roman que je ne peux que vivement vous conseiller, car il est complètement singulier, et j'ai hâte de découvrir d'autres romans de l'auteur. D'autant que comme je vous le disais au début, la fin m'a complètement laissée comme deux ronds de flanc. Je m'arrête ici
"Chante Méchante" de Guillaume Sire, 18.50€
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