Ayant beaucoup entendu parler de Cécile Coulon notamment de la part de mon ancienne chef qui l'adore, j'avais hâte de découvrir un de ses romans. J'ai lu un de ses recueils de poésie: "En l'absence du capitaine" qui parle de sa grand-mère que j'ai bien aimé de par la langue, après comme je ne suis pas très réceptive à la poésie je pense, ça n'a pas été ma lecture préférée, je préfère les romans. Du coup, lorsque j'ai entendu que l'autrice sortait un nouveau titre chez L'Iconoclaste lors de cette rentrée littéraire hivernale, je me suis dit qu'il fallait absolument que je le lise, histoire de découvrir la plume ( dans un roman) de l'autrice. Apparemment elle est habituée au genre assez sombre, mais comme "Le visage de la nuit" est le premier que je lis, je verrai plus tard si c'est effectivement une ambiance qu'elle explore et de quelle façon.
Dans ce roman de plus de 260 pages, on suit un petit garçon au début de l'histoire âgé de sept ans, qui se réveille un jour, le visage complètement écorché, abimé, n'ayant plus figure humaine. Il a toujours ses yeux, ses cheveux, sa bouche et ses oreilles mais le reste de son visage n'a plus rien à voir avec un humain. Son père alors alarmé fait appel au prêtre du village, prenant l'enfant et l'éloignant du village, ayant peur qu'il devienne la risée de tous. Désormais l'enfant vivra dans l'église éloignée du village en compagnie d'une femme ancienne professeur ayant perdu la vue, et du prêtre venant rendre visite régulièrement à l'enfant. La femme ne peut le voir mais touche son visage pour savoir qui il est, et l'enfant grandira avec elle, isolé. Elle lui fait classe de façon à ce qu'il soit autant éduqué que les enfants de son âge, mais ne pourra sortir à la lumière du jour, seulement une fois la nuit tombée. L'enfant trouve cela injuste mais accepte finalement son sort.
Ce roman est son histoire, celle d'un jeune garçon dont le visage a perdu de son humanité, mais dont les actions et les sentiments sont justement pleins de cette humanité qui le caractérisent. Ecoutant bien en classe, même s'il rêve de liberté, la nuit il explore la forêt et ses secrets, profitant d'être invisible aux yeux du monde. Il apprend l'histoire de la femme professeur, plongeant encore plus le lecteur dans une atmosphère sombre. En effet, il est question d'obscurité, de noirceur, d'isolement, de forêt mais pour autant, quelques personnages sont là pour créer de la vie dans un lieu où il n'y en n'a pas vraiment. L'église devient le lieu de vie de notre jeune garçon, ayant aperçu son propre reflet qu'une seule fois. "l'église est un refuge, mais le vrai lieu de foi, c'est votre corps. L'église est un toit sur les fidèles, et votre corps est un toit sur votre force".
On fait également la connaissance d'un professeur du village, connaissant notre jeune garçon, mais également découvrant un autre jeune garçon qui au contraire, est doté d'une beauté absolument sublime. Un visage si parfait que ses parents décident de le retirer de l'école car il attire trop d'attention, dans le but de le protéger. Sa grand sœur qui elle est dotée d'une beauté normale, est chargée de prendre soin de ce frère qu'elle considère comme un monstre, sa beauté n'étant pas humaine. Le professeur voit alors ces deux enfants desquels il est curieux, comme n'étant pas scolarisés. Du côté de notre jeune garçon au visage effrayant, une nuit il répare un animal mort, marquant le début de son initiation au métier de croque-mort. Sublimer les morts dans le début de leur autre vie. "Les temps changent, les morts doivent rester vivants plus longtemps afin que les vivants acceptent qu'ils soient morts".
Le garçon grandit, et poussé par le prêtre et l'ancienne professeur faisant office de parents, il trouve alors sa voie, toujours isolé du reste du monde, jusqu'à faire la connaissance de quelqu'un qui deviendra important pour lui...
Une plume superbe, et bien que l'ambiance soit sombre et parfois oppressante, le récit n'en reste pas moins addictif, beau, on a envie de connaître le fin mot de l'histoire tout en continuant d'être plongé dans cette atmosphère si particulière que Cécile Coulon réussit à créer. J'ai hâte de lire d'autres de ses romans.
"Le visage de la nuit" de Cécile Coulon, 21.90€

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