Un roman que j'avais vu passer sur les réseaux après sa sortie, et que j'étais curieuse de découvrir. Je m'attendais à quelque chose dans la même veine que Ogawa Ito ( il me fait penser à son dernier se déroulant également à Kamakura que je lirai plus tard), j'avais donc hâte de le lire. Je n'ai même pas eu besoin de l'acheter ce qui est très cool. Je me suis donc plongée dedans, lu en trois jours et j'ai beaucoup aimé.
Le récit présente cinq femmes se retrouvant dans une maison partagée de Kamakura, tenue par Kara notre personne principale. Chaque chapitre nous parle de l'une d'entre elles pour en apprendre plus. Le récit débute donc avec Kara, la quarantaine, vivant dans sa maison de famille où elle a été élevée par son père, ayant été abandonnée par sa mère. Son père est désormais décédé, et Kara vit seule dans cette grande maison de type européenne. Elle gère une sorte de café dans cette grande maison, qui ne fonctionne pas très bien mais qui lui suffit. Un jour, son amie Mikiko vivant loin, l'appelle, et lui dit qu'elle arrive à Kamakura et qu'elle vient habiter chez elle. Kara tombe des nues, mais de caractère tranquille, accepte, elle n'a pas bien le choix. Mikiko arrive donc, s'installe dans la chambre de Kara et lui annonce qu'elle vient de divorcer. C'est une femme assez libre et qui tranche avec le cliché des femmes japonaises lambda. Elle a été mariée plusieurs fois, ce qui met dans le bain direct.
Mikiko propose rapidement à Kara d'ouvrir sa maison en sorte de maison partagée afin de gagner des loyers grâce aux chambres à disposition, ainsi que de continuer son activité de café. Kara se laisse convaincre, et même pas quelques heures après que Mikiko ait accroché quelques affiches, la première cliente arrive. Il s'agit de Satoko, une femme accompagnée de son chien Shiba inu, Tsun. Le courant ne passe pas avec Mikiko, avec laquelle elle a rapidement un différend. Kara cuisine pour les femmes de la maison, créant une sorte de sororité. Puis arrive Ayumi une drôle de femme qui ronfle fort puis, Chieko une vieille femme plus âgée que les autres entre la quarantaine et la cinquantaine.
Toutes ont eu un parcours de vie différent, leurs joies, leurs peines, et c'est cette rencontre entre ces cinq femmes à première vue assez différentes qui crée la richesse du récit et cette sororité appréciable à découvrir. Les moments de repas préparés par Kara diligemment sont des instants de convivialité et de partage, décrivant les recettes et les plats qu'elles mangent, comme des currys, donnant clairement l'eau à la bouche. Les recettes de cuisine sont mêmes répertoriées à la fin du roman.
J'ai beaucoup aimé le fait que les chapitres prennent à chaque fois le point de vue d'une des habitantes de la maison, permettant d'avoir un large aperçu de vie de femmes japonaises, apportant de l'humanité, un affect et une diversité de personnages. Un roman type feel-good mais clairement pas niais car n'éludant pas les peines et les moments moins fun de la vie de chacune. Entre divorce, fils ingrat, problèmes d'identité, deuil, abandon, tant de sujets sont évoqués dans ce roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.
"8 minutes à pied de la gare de Kamakura", de Ochi Tsukiko, 22€

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