Dans ma lignée de continuer de lire des livres de poche, j'ai sorti celui-ci que je m'étais acheté avant de quitter la librairie dans laquelle je travaillais. J'en avais profité pour faire le plein de livres asiatiques qui auraient pu me plaire. Dans celui-ci sorti chez 10/18, l'histoire se déroule au Japon juste après la guerre en 1946. Le pays est ruiné, les Etats-Unis sont désormais dans le pays et contrôlent à peu près tout. Ils sont considérés comme des sauveurs, permettant au peuple d'avoir accès à leur protection et à des vivres. Du moins c'est ce que les GI américains leur font croire. Le général Mac Arthur vit sur le territoire japonais, et est considéré comme le chef suprême allant aider le peuple japonais à retrouver un minimum de dignité et de denrées alimentaires après les années de misère de guerre. Les temps sont particulièrement durs, la misère est toujours là voire pire que pendant la période de guerre, l'accès aux médicaments est très compliquée, et tout le monde manque de tout. Les japonais doivent se rendre dans les marchés au noir pour pouvoir acheter des produits difficiles voire impossibles d'accès.
C'est dans ces conditions que le roman débute. On suit Aya 13 ans, japonaise ayant vécu les années de guerre dans un camp d'internement canadien à cause de ses origines. Elle revient dans son pays d'origine avec son père, sa mère étant décédée. Elle redécouvre ce pays où elle est née, duquel elle a perdu les codes et même la langue. Elle découvre alors un Tokyo détruit, dévasté, pauvre, où tout un chacun se bat pour survivre. Elle arrive dans une classe au collègue, et devient rapidement plus ou moins amie avec sa voisine de classe, Fumi qui elle est obnubilée à l'idée de retrouver sa grande-sœur Sumiko qui a quitté le domicile familial pour aller on ne sait où. Les deux jeunes filles apprennent à se connaître, passent du temps ensemble et se racontent leurs vies respectives. L'une retourne dans le pays de son enfance en devant se réhabituer à la vie nippone, tandis que l'autre n'a jamais quitté ce pays désormais dévasté.
En parallèle, on découvre Matt, caporal américain d'origine japonaise, GI installé au Japon, étant chargé de traduire le courrier que les japonais souhaitent faire parvenir au grand McArthur. De par ses origines et ses capacités à pouvoir traduire dans la langue de la péninsule, il est chargé de ce travail colossal, car beaucoup de personnes écrivent au grand chef. Un jour, il reçoit la visite de Fumi et Aya, la première mettant à profit les compétences du caporal pour retrouver sa sœur en lui donnant une photo dans l'espoir de la retrouver. Elle l'a seulement entraperçue quelques temps auparavant chez elle, alors qu'elle pensait que Fumi était à l'école. Elle cherche par tous les moyens à savoir où est passée sa sœur dont elle entend seulement quelques rumeurs. On suit la fameuse Sumiko travaillant dans un dancing du quartier riche de Ginza, dansant pour les GI américains, tandis que sa petite sœur Fumi la cherche inlassablement.
Le temps passe, la jeune collégienne ne lâche pas l'idée de retrouver sa sœur qui lui manque tant, tandis que Aya suit son amie dans ses démarches de retrouver sa sœur. Matt plein de bonne volonté, étant l'un des rares GI gentil qui n'a pas de drôles d'idées envers les femmes sait que la tentative de la collégienne de retrouver sa sœur s'annonce peine perdue. Kondo Sensei de son côté, professeur des deux jeunes collégiennes, en plus de son travail met ses compétences de linguistique au service de la traduction de lettres pour tenter de toucher un peu plus. Tous ces personnages se croisent, se rencontrent, essayent de se retrouver tout en tentant de survivre dans un pays brisé. Une magnifique lecture sur la vie du Japon post-guerre, l'espoir du peuple, la débrouille.
" Le traducteur des lettres d'amour" de Lynne Kutsukake, 9.90€

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