Un titre de la rentrée littéraire que je n'avais pas encore lu de l'automne dernier, et que j'attendais de revenir de la Corée pour le lire. Un coup de cœur de la repré qui me l'a fait parvenir, j'étais donc assez curieuse de la découvrir. Une brique que j'ai mis une bonne semaine à lire tant il était important. Tout commence en 1822, où une étrange famille vit recluse dans la forêt près de Baltimore, les Booth. Composée du patriarche Junius Brutus Booth une sorte d'acteur shakespearien faisant le tour des théâtres et étant plus souvent en vadrouille que chez lui. Avec sa femme qui n'est pas vraiment sa femme, ils auront dix enfants, mais seulement six survivront. Un des enfants entre autre, sera John Wilkes, l'assassin de Lincoln. L'autrice a donc voulu s'intéresser à cet homme mais sans lui donner littéralement une place primordiale dans le récit, puisque celui-ci traite de l'intégralité de la famille.
Un roman se déroulant sur plus de quarante ans avec le fond historique et politique de l'époque, la montée de Lincoln sur la scène politique, les discussions houleuses entre pro et contre esclavagistes. La famille Booth de leur côté s'agrandit, perd des enfants, vit le froid, la faim, la prise de leur maison par la famille de Junius, tant de situations compliquées que la famille va devoir gérer au fil des ans. Ils ont des esclaves qu'ils traitent bien, mais dont les enfants appartiennent à une autre famille, et dont il faudra acheter leurs libertés pour que la famille se retrouve de nouveau réunie. Le patriarche, Junius, n'est clairement pas trop là pour élever sa marmaille, ce dont s'occupe sa douce compagne. La famille est alors composée de June, Rosalie, Asia, Edwin, Johhny et Joe. L'autrice ayant pris des libertés quand à certains personnages dont les vies et les caractères étaient très peu connus comme Rosalie, contrairement à Edwin et Asia dont les archives les concernant étaient plus nombreuses. Des frères et sœurs plus ou moins proches en âge et en relations, certains qui partiront loin tandis que d'autres resteront proches du foyer maternel.
Les fils de la famille accompagneront Junius dans ses tournées au théâtre, eux aussi souhaitant exercer la fameuse profession paternelle, celui-ci étant très reconnu en tant que comédien même si ses excès de violence, de colère et d'alcool sont légion. Les fils se battent l'attention du père, tentent de percer par eux-mêmes, entreprise qui sera difficile tout au long de leurs vies. Cependant Junius aura toujours le respect de sa famille quasiment quoi qu'il fera ou presque... La famille déménage à plusieurs reprises selon les circonstances et la situation au moment T du récit.
Une véritable histoire de famille sur de longues années avec un fond politique très vif tant au niveau de la question des esclaves que les mœurs de l'époque et les façons de vivre. La famille Booth est assez fascinante par sa façon de vivre originale, les parents n'étaient pas mariés, par les malheurs qui les touchent, par le fait de toujours rebondir, le mode de vie atypique du patriarche ainsi que de celui qu'auront ses fils tantôt au sommet qu'au plus bas. Une lecture que j'ai trouvée honnêtement un peu longue, mais bien documentée et qui nous plonge dans les USA de la première partie du XIXème siècle.
" Lincold tragédie" de Karen Joy Fowler, 25€

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