Second roman de l'autrice italienne Laura Imai Messina que je lis après le superbe "L'île des battements de cœur". Italienne mais installée au Japon avec son mari et ses enfants, l'autrice nous plonge de nouveau dans un roman émouvant et beau. Je l'avais vu dans la librairie où je travaillais et j'avais beaucoup aimé la superbe couverture ainsi que la résumé qui me donnaient envie. Roman très court, un peu plus de 200 pages que j'ai pourtant mis bien trois jours à lire. J'ai pris mon temps pour savourer ce roman qui a quand même un sujet de fond émouvant.
En effet, l'autrice a choisi de parler d'une cabine téléphonique très particulière "le téléphone du vent" qui existe réellement, concept inventé par le couple Sasaki suite au tsunami meurtrier de 2011 qui fit 18000 victimes. L'idée étant de permettre aux endeuillés de venir parler à leurs morts en prenant le téléphone n'étant relié à rien, leurs paroles étant répandues dans le vent d'où le nom. Une jolie idée pour aider celles et ceux qui ont perdu un être cher à surmonter leur phase de deuil. C'est le cas de Yui, qui a perdu sa fille et sa mère ayant vent de ce lieu et décidant de s'y rendre un jour. Situé à plus de 6h de voiture au nord de Tokyo, Yui deux ans après la tragédie rejoint le lieu de recueillement. Malgré la distance, elle s'y rend régulièrement et commence à remarquer un homme du nom de Takeshi ayant de son côté perdu sa femme et élevant depuis seul sa fille Hana ayant perdu l'usage de la parole depuis le deuil.
Réalisant qu'ils se rendent tous deux au téléphone du vent depuis Tokyo, nos deux personnages vont se mettre à y aller ensemble, pour rendre le trajet et l'expérience moins triste. Les confessions viennent au fur et à mesure, Yui ayant du mal à parler de son deuil, Takeshi de son côté parlant de sa fille devenue muette depuis la tragédie et n'ayant jamais reparlé depuis deux ans. L'homme est médecin tandis que la femme est animatrice radio. Elle comble le deuil avec son travail et ses séjours réguliers à la cabine téléphonique.
Le temps passe, les rencontres se font, Yui n'ose pas prendre le téléphone pour s'adresser à ses proches disparues, se contentant de se balader dans le jardin du lieu, Takeshi de son côté prend le téléphone pour parler à sa femme. Ils font également la connaissance de plusieurs autres personnes, dont un jeune s'adressant à son père, un autre ayant perdu sa mère, se retrouvant tous entre eux dans leur peine mais également leur joie grâce à ce lieu et au soutien mutuel. Les deux adultes se rencontrent également régulièrement à Tokyo avec Hana qui accepte Yui.
Je ne vais pas vous en dire plus sur le sujet étant un roman court et une belle lecture que je n'ai pas envie de vous spoiler, mais une très belle découverte sur le deuil, la résilience, les secondes chances, la rencontre à l'autre, j'ai passé un très doux moment de lecture.
"Ce que nous confions au vent" de Laura Imai Messina, 8.60€

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