Apparemment un des best-sellers aux éditions Decrescenzo. Spécialiste de la Corée-du-Sud depuis 2012 cette petite maison est tenue par l'ancien professeur d'une amie proche, coïncidence quand même assez drôle. J'ai profité de mon séjour à Paris et de mon passage dans la librairie asiatique le Phénix, pour acheter entre autre ce roman coréen. Je ne le voyais quasiment jamais dans les librairies proches de chez moi, j'ai donc profité d'être dans la capitale pour m'offrir des titres que je ne voyais quasiment jamais ou rarement. Celui-ci fait donc partie des cinq achats que j'ai faits dans ladite librairie, dans laquelle je retournerai de façon certaine. Je l'avais vu à sa sortie l'année dernière et j'avoue que le titre ainsi que la couverture avait attisé ma curiosité. À chaque fois qu'il y a une sortie niveau littérature coréenne, cela m'intéresse forcément.
Dans ce roman assez court, car il fait moins de 200 pages l'autrice coréenne habitant désormais à Paris, nous plonge dans le quartier huppé de Gangnam. Il s'agit d'un arrondissement de Séoul, notamment connu grâce à la chanson de Psy sortie en 2012. La ville est divisée en plusieurs arrondissements appelés "gu" en coréen, et Gangnam fait partie de ceux-là. Situé du côté sud de la rivière Han qui traverse la ville, le quartier est notamment connu pour ses immeubles cossus, ses cliniques de chirurgie esthétiques et un luxe apparent. Honnêtement de mon point de vue ce n'est pas du tout le quartier le plus intéressant de Séoul, mais clairement l'un des plus huppés, de façon certaine.
C'est dans ce même quartier dans lequel elle est née, que Lee Hong plante le décor de son roman. Elle va nous parler de Oh Mina, une femme à qui tout semble sourire, vivant dans un riche et très grand appartement du quartier, étant animatrice de talk-shows et étant fiancée à un homme beau. Cependant cette apparente réussite sociale cache en fait des fêlures intérieures. Le genre d'histoire qu'on peut retrouver dans n'importe quel pays mais en Corée-du-Sud cela fait encore plus sens, comme la société est littéralement obnubilée par l'apparence extérieure et les qu'en dira t-on. Il est donc rare de savoir ce que pense réellement quelqu'un, et de connaître sa vraie vie intime. On apprend que notre héroïne a vécu une tragédie plusieurs années auparavant, la disparition de son fils dans un parc d'attractions ainsi que la mort de son mari dûe à un accident de voiture quelques années encore auparavant. Elle vit grâce à la générosité de ses ex beaux-parents dans ce bel immeuble, toujours très apprêtée, bien maquillée et faisant du sport régulièrement, prenant soin d'elle.
On remonte ensuite le temps, moment dans le récit qui prend la majorité du roman, que j'ai eu du mal à comprendre si je suis honnête. Comme on l'appelle « la femme » ou « la fille », j'ai eu du mal un peu à comprendre qu'on parlait toujours d'elle dans sa vie d'avant. Cette façon d'organiser le récit m'a un peu perdue, et m'a empêchée d'être pleinement plongée dans l'histoire. De plus j'ai trouvé que certains dialogues du début était vraiment très simples, voire trop simplistes, je ne sais pas si c'est dû à l'écriture de base ou à la traduction, mais j'avoue que j'ai trouvé ça un peu étrange. À voir avec l'autre roman que j'ai acheté de l'éditeur si ça me fait la même impression...
Bref une femme à qui semble tout sourire qui en fait a vécu des traumatismes et l'autrice nous les partageant. J'ai trouvé le concept assez bien, ce clivage entre le masque que l'on porte en société, cette sorte de « persona », et notre vraie nature intérieure qu'on ne montre à personne. Je pense que son personnage surtout dans le moment présent aurait pu être encore plus creusé j'avoue être un peu restée sur ma faim. Ça n'aura été clairement pas mon roman coréen préféré que j'ai lu, mais je trouve qu'il aborde un bon sujet en rapport avec la société, qui est je trouve, un des plus gros problèmes sociaux coréens. Cette obsession de l'apparence et de l'opinion des uns et des autres.
" La femme de Gangnam" de Lee Hong, 22€
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