Un roman soudanais dont je vous parle aujourd'hui, "Saison de la migration vers le nord », sorti en 1969 au Soudan avant de sortir en France en 1983 puis en 1996 sous ladite édition Babel Actes Sud. Un roman que j'ai revu sur leur compte Instagram récemment, le remettant à l'honneur des années plus tard. Je l'ai donc commandé dans la librairie où je travaillais, ayant un peu hâte de découvrir un roman soudanais, que de mémoire, je n'ai jamais lu. Et il s'avère qu'il fait également partie d'une des listes des 100 livres à lire une fois dans sa vie, et comme il s'agit du thème de notre book club du mois de juin, je me suis dit que c'était l'occasion de le sortir de ma pile à lire.
Lu en deux jours, ou plutôt quasiment terminé en deux jours car je n'ai jamais fini ce roman, on suit donc un homme, Moustafa Said, soudanais ayant étudié et vécu un temps en Angleterre. Il retourne chez lui, et c'est alors sa vie au Soudan, comptée par notre narrateur. La difficulté de revenir au pays alors qu'il a vécu dans un pays plus ouvert en Occident, entouré de femmes, et même ayant été marié et causé la mort de plusieurs conquêtes. C'est alors un retour au pays où les coutumes sont très fortes et importantes, la place du mariage prépondérante, et la femme inférieure à l'homme.
C'est donc l'histoire de ce jeune homme racontée par une tierce personne ayant lui-même sa vie et ses problématiques au Soudan. Un grand-père très âgé et drôle, une vieille femme osant parler à cœur ouvert de sujets que d'habitude on tait, la jeune veuve d'un ami à lui qu'un vieil homme souhaite épouser étant âgé de plus du double de son âge. Ce sont les anciennes traditions comme l'excision, les croyances étant heureusement vues maintenant comme barbares, "Chez nous, les hommes sont supérieurs aux femmes. page 101. « tu sais comment les choses se passent ici. La femme est à l'homme, et l'homme reste homme, quand même il deviendrait vieillard décrépit » page 103. « - L'excision dit Bakri, est une loi de l'Islam. - De quel Islam s'agit-il ! Ton Islam et celui Hadj Ahmed, qui ne savait distinguer entre ce qui vous fait tort et ce qui vous couvre de bienfaits. Les Nigérians, les Égyptiens, les Syriens ne sont-ils pas musulmans! Mais voilà gens qui savent les fondements de la Loi, laissant leurs femmes telles que Dieu les a créées. Tandis que nous les châtrons comme des bêtes. » Page 85. Une réflexion intéressante sur certaines pratiques que le narrateur remet en cause. Un choc générationnel et culturel, entre celui qui est allé à l'étranger et qui ramène une vision plus éclairée et ouverte au pays.
Des moments de l'histoire que j'ai bien aimés, comme ceux en rapport avec la place des femmes et l'importance du mariage, sujets qui me sont chers, mais j'avoue qu'au bout d'un moment j'ai complètement décroché. Je l'ai trouvé long quand bien même il fait environ 160 pages. Je ne l'ai donc jamais fini, je suis complètement passée à côté de cette lecture, que je relirai peut-être un jour dans le futur... Je n'ai même pas réellement compris qu'on parlait en fait du personnage de Moustafa Said et pas de la vie de nôtres narrateur. Bref c'était assez confus et je ne devais pas être très concentrée.
"Saison de la migration vers le nord" de Tayeb Salih, 7.10€
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