Un titre aux éditions Gallimard. Vous savez à quel point j'aime cette maison. Un roman que j'avais dans ma bibliothèque depuis sa sortie, c'est-à-dire l'année dernière. Le représentant avec lequel je m'entendais super bien me l'avait sympathiquement envoyé, j'attendais donc de pouvoir le lire. J'avais même vu la version anglophone qui me donnait bien envie, "Annie Bot"avec une jolie couverture rose. Bref récemment je me suis motivée à le lire, mixant mes nouveaux achats, des titres qu'on m'a prêtés et donnés, et d'autres que j'ai depuis plus longtemps dans ma bibliothèque, afin de réduire un jour la pile à lire que j'ai, ou plutôt dans mon cas la bibliothèque à lire. Je l'ai donc sorti de ma bibliothèque et lu en trois jours si je me souviens bien.
Ce roman m'a fait une vraiment drôle d'impression. J'ai été un peu mal à l'aise durant la plupart de ma lecture, vous allez vite en comprendre la raison. On suit donc Annie, une femme robot qui est mise au service de son propriétaire. Doug est un homme riche, qui s'offre contre l'équivalent de 200 000 $, cette femme robot qui a été créée afin d'assouvir ses besoins. Cette robot Stella, modèle Annie, est conçue dans ce cas, assouvir les besoins masculins, contrairement à d'autres qui sont plutôt créées pour faire le ménage ou garder les enfants. Le jour où Doug active le mode intelligence émotionnelle, il va se rendre compte que sa Stella prend un peu trop de libertés et raisonne un peu trop en tant qu'humaine. En effet, on a le point de vue de cette femme robot tout au long du récit, et j'ai été étonnée à quel point j'avais l'impression de faire la connaissance d'un personnage humain et non pas robotique. Ce qui est assez perturbant.
Elle se plie à ses quatre volontés, dort avec son propriétaire, a sa libido au maximum quand il lui demande, elle ne possède pas de carte d'identité, reste à la maison bien sagement à préparer les repas et à faire le ménage. Un rôle un peu comme la parfaite femme au foyer à l'époque finalement. Et même encore maintenant dans certaines sociétés. Elle dit oui à tout, se plie à ses moindres caprices, s'excuse sans arrêt à chaque reproche que son propriétaire peut lui faire. Un jour celui-ci décide de rendre jalouse Annie en prenant une autre Stella, Delta. Chose très compliquée à accepter pour Annie, qui était la seule femme dans la vie de son propriétaire, elle va devoir apprendre à le partager. Delta a été choisie pour ses capacités de ménage qu'apparemment Annie ne possède, pas reproche qu'elle ne cesse de recevoir de la part de Doug.
Vu qu'elle est un robot, elle doit se brancher à chaque fois que sa batterie est au plus bas, et possède quand même un libre arbitre assez fort, sachant ce qu'elle a à faire et ce qu'elle ne doit pas faire. Cependant cela dépend des situations, notamment une qui va ne cesse de tourner en boucle du début jusqu'à la fin du roman. Régulièrement elle subit un check-up pour vérifier que sa batterie est bonne, et que rien ne cloche dans son corps. Les techniciens peuvent changer ses caractéristiques émotionnels et même physiques comme lorsque Doug leur demande de lui rajouter des seins et des kilos. Des moments qui m'ont franchement mise mal à l'aise, assez représentatif du machisme masculin, et qui représente une véritable critique à ce niveau là. Annie ne sort jamais, sauf avec Doug et ce sera de plus en plus le cas. Un jour elle décide de partir, mais ne se doute pas de ce qui l'attend à son retour.
Bref je vais m'arrêter pour ça, mais un roman clairement ovni, n'ayant jamais lu quelque chose de similaire. Un peu dans la lancée des femmes poupées gonflables au Japon, sauf que pour celui-là, il s'agit d'un robot avec des caractéristiques très similaires aux humains ce qui est assez perturbant. Intelligence artificielle, critique de la société, soumission de la femme par rapport à l'homme, solitude, argent, un tas de sujet évoqués dans ce roman. Je vous avoue qu'au début je ne savais pas si j'aimais ma lecture ou non, je pense finalement que j'ai bien aimé, même si elle m'a laissé un drôle de sentiment.
" Mademoiselle Robot" de Sierra Greer, 23€
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