Un roman coréen que j'ai acheté à la librairie le Phenix lors de mon séjour à Paris, librairie spécialisée dans la littérature asiatique. J'en avais entendu parler quelques jours avant que je m'y rende, j'ai donc rapidement ajouté ce lieu à ma liste des nombreuses librairies à faire. J'ai passé un certain temps dans cette librairie, proposant un choix très large, avec de nombreux titres que je n'avais jamais vus ailleurs. C'était justement le concept et l'idée de ramener des titres que je ne voyais que rarement voire jamais.
J'ai vu "Ici comme ailleurs" de Lee Seung U qui a attisé ma curiosité de par la couverture, représentant la fameuse rivière Cheonggyecheon située en plein centre de Séoul, en plus du résumé assez original. Je l'ai donc lu sur une fin de semaine, afin de pouvoir l'emporter facilement avec moi comme il s'agit d'un format poche. C'est donc le tout dernier livre que j'aurais lu au mois de mai, et loin d'être le meilleur malheureusement.
J'ai beaucoup aimé la première partie qui est très particulière, ambiance kafkaïenne, assez dystopique, avec le personnage de Yu, un homme étant muté dans une nouvelle ville du nom de Sori, ville entièrement fictive j'ai vérifié. Sa femme refuse de le suivre, préférant rejoindre son ex compagnon malade dans la ville également fictive de Sancheon. Yu ne comprend pas mais n'insiste pas, et partira seul. Il doit conduire durant plusieurs heures afin de rejoindre sa destination et sur place il est censé retrouver Pak, celui qui deviendra son supérieur. Sauf que tout au long du récit il ne le trouve pas. C'est un peu une quête sans fin, poursuivi par les drôles d'habitants du village, sans portefeuille car volé par une femme, sa voiture en panne, plein de rebondissements apparaîtront au fil du récit. L'ambiance est extrêmement particulière, assez cinématographique comme certains films coréens comme ceux de Park Chan Wook avec notamment son tout dernier film "Aucun autre choix". Ce roman m'a vraiment fait penser à cet univers complètement déjanté, à la limite de la dystopie où les éléments sont beaucoup trop étranges pour pouvoir être réels. Un homme qui ne réussit pas à se sortir de sa situation, s'enlisant dans les problèmes et ne semblant pas pouvoir trouver une fin heureuse.
J'ai beaucoup aimé la première partie, je me demandais si au bout d'un moment il allait trouver son supérieur pour commencer son travail, sa femme ne répondant pas au téléphone et sa mère lui disant de ne surtout pas se rendre à l'ouest du pays, il manque de chance la ville de Sori se situe justement à l'Ouest. J'avoue avoir été largement plus ennuyée par la seconde partie, je voulais tellement en avoir fini avec lui que j'ai même sauté deux chapitres vers la fin du roman, chose que je ne fais quasiment jamais. Pour dire à quel point je trouve que c'est parti réellement dans tous les sens je ne comprenais plus rien à ce que je lisais.
Un roman qui évoque beaucoup de sujets comme le harcèlement au travail avec parfois les situations d'isolement et de rejet constituant pleinement une forme de harcèlement, l'arrivée dans une nouvelle ville sans interlocuteur donc l'isolement, les cancans, l'insécurité, le vol, le mariage en Corée, la famille, tout ça mélangé à beaucoup d'éléments qui dépassent parfois l'entendement.
" Ici comme ailleurs" de Lee Seung-u, 8.60€
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