Un livre que m'avait prêté mon ancienne collègue et que j'ai finalement ressorti de ma bibliothèque début juillet, suite à l'écoute du podcast "Ressentir" de Jessica Troisfontaine ayant justement reçu Aurélie Valognes. Cette discussion était tellement belle et douce que je me suis dit que c'était l'occasion rêvée de lire enfin le dernier roman de l'autrice sorti ce printemps. Comme le disait Aurélie Valognes dans ce podcast, elle met de son histoire personnelle dans chacun de ses romans.
Dans celui-ci, tout comme ce qu'elle a dit dans cette discussion, elle parle de la parentalité et du fait qu'elle ne pense pas être une bonne mère, mais cependant elle pense être un bon parent. C'est l'énergie qu'elle donnera à son personnage principal, Camille qui devient mère dans « L'émerveillement ». Juste l'envie de parler de la parentalité au sens large, sans forcément mettre un sexe sur le parent. Ce que j'ai trouvé très juste, et ce qui a permis d'aborder la parentalité d'un point de vue différent de ce que l'on peut voir souvent. Comme à son habitude, l'autrice écrit de façon belle et poétique. Il y a peu de descriptions et peu de dialogues, la langue est prépondérante.
J'ai lu ce roman d'une traite, et j'ai eu du mal à m'arrêter de prendre des notes, tant j'avais envie de tout retenir. Camille donc, ancienne enfant qui ne s'entendait pas avec les adultes, qui détesta son enfance, qui ne souhaitait pas d'enfants car le monde était fou, qui ne trouvait pas sa place, donne naissance. Elle qui ne s'imaginait pas du tout dans le rôle d'un parent. Tout comme le fait qu'elle n'avait pas d'atomes crochus avec ses parents qui la trouvaient trop bizarre « Les cigognes avaient dû rater quelque chose car, mes parents et moi, on s'était mal trouvés » page 19. Des anecdotes personnelles peuplent le roman, comme le fait qu'un jour se rendant compte qu'elle était alors allergique à la pelouse, les adultes prétendaient qu'elle faisait son intéressante. Ses parents qui lui disaient « tu n'aimes rien ni personne ».
Tout ça parce qu'elle n'aimait pas les mêmes choses que les autres, mais plutôt la nature et sa beauté, les petites joies de la vie qui n'émouvaient pas grand monde. Ce roman est une lettre à sa fille, la transmission, l'héritage et la passion que Camille laissent à Ambre, dont le prénom a été choisi de façon évidente en voyant pour la première fois son enfant. Le goût des océans, des ciels étoilés, l'émerveillement quotidien devant les petites choses de la vie. L'enfant qui devient grand et qui s'émancipe.
Je ne vais pas vous en dire plus sur ce roman, je n'ai pas envie de vous gâcher la beauté de la lecture. J'ai rarement lu un roman aussi beau sur la parentalité, de façon neutre, un parent, peu importe son sexe qui pourrait s'adresser à son enfant, là aussi peu importe son sexe. Simplement juste le fait d'être parent, enlevant les carcans et les diktats qui dictent souvent ce qu'une mère ou qu'un père doivent faire ou non.
"L'émerveillement" de Aurélie Valognes, 20.90€
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