Très probablement un titre dans mon Top 3 que j'attendais le plus de lire de cette rentrée littéraire. Au début je ne l'avais pas trop vu passer, et puis au mois de juillet surtout, et jusqu'à la mi août, je n'ai pas arrêté de le voir passer de partout, avec des retours dithyrambiques. Il a donc rapidement rejoint ma liste des acquisitions que je souhaitais faire à l'occasion de cette rentrée littéraire 2026. Il s'agit de "Lazar" de Nelio Biedermann, un livre écrit par un auteur âgé seulement de 23 ans. Titre qui a déjà été traduit dans de nombreuses langues, et qui s'est déjà très bien vendu en Suisse allemande.
J'ai vu quelques-unes des interviews de l'auteur, et il disait qu'il avait envie de raconter un peu l'histoire de sa famille via le biais de ce roman. Ce n'est donc pas directement l'histoire de sa famille, mais ça en est inspiré. On va donc suivre la famille Lazar comme le titre l'indique, une famille bourgeoise hongroise, vivant au sein d'un château. On suit donc le baron et la baronne, Sandor, et sa femme Maria. Tous deux ont deux enfants, Ilona et Lajos. Ce dernier n'est au début du récit, étant très très pâle et ne ressemblant pas à son père. Un enfant translucide. On va rapidement entrer dans l'intimité de cette famille, que l'on va suivre pendant plusieurs années.
Ils ont des domestiques, vivent bien, mais malgré les apparences, Maria n'est pas heureuse, elle se coupe avec un rasoir, et elle vit toujours avec le deuil de son père et de son frère que la forêt entourant leur maison a pris. Son mari la trompe. Le frère de Sandor vit avec eux, un membre très taiseux, qui ira plus tard dans un sanatorium. Le roman se déroule donc avant le début de la Seconde Guerre mondiale, durant, et après. On va suivre l'évolution de cette famille notamment avec leurs enfants qui auront eux-mêmes des enfants. Notamment Lajos, dont on suivra ses enfants à son tour, Pista et Eva. Les faux semblants, les secrets de famille, l'amour, la guerre, la possession, l'exil, le devoir d'acclimatation à la nouveauté d'une famille bourgeoise désargentée, seraient les thèmes principaux du récit selon moi.
Je vous avoue qu'au tout début de ma lecture je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais, je ne sais pour quelle raison, qu'on suivrait cette famille bourgeoise au sein du château un peu en mode huis-clos. Un peu recluse, vivant à l'écart du monde peu importe les problèmes, mais en fait ce n'était pas du tout ça. J'ai beaucoup plus été happée par la seconde partie du récit, à partir du moment où la famille doit quitter le château, car dépossédée par les russes durant la guerre. J'ai apprécié cet exil, bien que ce soit forcément un moment difficile du récit, mais qui apporte de la dimension au récit. La famille qui n'a aucun autre choix que de faire avec, et de s'adapter. De perdre ses privilèges bien que Lajos notamment ait beaucoup de mal avec cette idée. Il en viendra même à avaler les bijoux de famille, préférence cela plutôt que de les céder aux russes. C'est ça que j'ai bien plus apprécié plutôt que le petit confort d'une famille bourgeoise.
Un livre intéressant qui m'a appris quelques trucs sur l'histoire hongroise, mais j'avoue l'avoir trouvé un peu long et ne pas avoir été autant bouleversée que le laissait présager beaucoup de commentaires.
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