Quatrième et dernier titre de la rentrée littéraire de mon côté que je lirai cette année, avec « Lola va mourir". Un titre dont mon ancienne collègue qui me prête des livres, m'avait parlé et m'avait dit qu'elle souhaitait le lire. De mon côté il s'agissait d'un titre sur lequel je ne m'étais pas attardée, vous imaginez avec le nombre de sorties de la rentrée littéraire, il est difficile de s'intéresser à tout, mais ensuite en le voyant beaucoup sur les réseaux je me suis dit que j'avais très envie de le lire. Je n'avais pas trop vu le résumé elle m'avait cependant prévenue que ce ne serait pas facile et effectivement je confirme.
Ce livre parle du masculinisme, et des violences faites aux femmes qui peuvent mener à la mort. Au titre vous vous doutez de l'issue de l'histoire. Lola va en effet mourir. Mais qui est Lola ? Lola est une femme qui a la joie de vivre, gentille, mais peut-être trop gentille car beaucoup trop rabaissée par les hommes. Elle se sépare de son compagnon Alexandre avec lequel elle vit sur une île, avec leurs deux enfants, Nicolas et Arthur. Elle part chez son frère direction la métropole française, pour se retrouver. Elle souhaite reprendre des études, qu'elle n'a jamais terminées. Alexandre son ancien compagnon, persuadé de son intellect supérieur aux autres, ne cessait de la rabaisser. Chose qu'il a même inculquée à ses propres fils.
On assiste dès le début du récit à une chosification et un rabaissement constant de Lola, qui se met à y croire. Elle est seulement là pour faire la cuisine et pour s'occuper des trois hommes de sa vie. Pas pour ouvrir sa bouche ou valoir quoi que ce soit. J'avoue que la représentation de cette femme m'a fait beaucoup de peine, surtout dans la suite du récit… Le récit alterne donc entre deux points de vue, celui de Arthur, le fils cadet de Lola avec lequel elle établit sa fuite. Et Franck, le masculiniste qui va croiser sa route et qui va la tuer. On n'a pas le point de vue direct de Lola, mais via deux prismes différents. Un prisme interne qui vit avec elle et qui la côtoie au quotidien. Et un prisme au début du roman externe qui va croiser sa route malheureusement. Franck sort de prison, après y avoir passé plusieurs années. Ses pensées, et sa description sont particulièrement bien faites, le cliché typique du masculiniste qui ne réfléchit qu'avec son sexe, et qui n'a absolument aucun respect pour les femmes. Lorsqu'il accoste une femme avec son enfant, il n'entend pas le "non". Un personnage particulièrement énervant à qui on a envie de donner des baffes à longueur de journée.
Et Arthur dans tout ça, conditionné par son père, qui pense « il fallait que j'en parle à mon frère. Il avait appris comme moi à détester ma mère » page 111 « Les mères ne sont plus vraiment des femmes, ce sont des femmes transfigurées, c'est pourquoi les hommes peuvent continuer de dire que les femmes sont des salopes qui méritent d'être traitées comme telles, alors que leurs mères, elles, sont des saintes, ce ne sont plus des femmes, la mère est autre chose... » page 176. Lola n'est pas considéré, c'est une moins que rien. On assiste à une véritable mise à terre de Lola qui en croisant Franck se retrouve condamnée. "Il voudrait être ce qui est dans son cœur frappe comme un tambour. Il voudrait se glisser en elle la nuit. Il voudrait être toute la raison de ses larmes. Il voudrait organiser sa cambrure. Il voudrait décider de sa coiffure, de son maquillage, de ses vêtements. Il voudrait être la seule direction de ses paroles, son unique interlocuteur. Il voudrait entrer dans son crâne, occuper son esprit, découvrir les pensées secrètes » page 246. On voit à quel point Franck devient obnubilé par cette femme, et veut s'en emparer entièrement, la contrôler comme un vulgaire objet dont il croiserait la route.
On voit comment les femmes peuvent tomber dans le piège du loup et ne pas pouvoir s'en sortir, car on ne les entend pas, on ne les écoute pas, on ne les prend pas au sérieux. Un texte complètement dans l'actualité terrifiante que l'on vit, celle des femmes qui meurent à cause de la violence de leurs compagnons. Un texte de notoriété publique à lire d'urgence.
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