Comme j'avais beaucoup aimé les romans de l'autrice Isabelle Lagarrigue, j'avais vraiment hâte de lire son dernier, "Le groupe". En plus de ça elle est absolument adorable, argument en plus pour découvrir son dernier roman. J'ai pu le lire sur le mois de mars, avant sa sortie le 9 avril. Cette fois-ci, on change de registre, car l'autrice réussit justement à parler de sujets complètement différents selon ses romans, avec cette fois-ci un roman se déroulant uniquement aux États-Unis. On va suivre Ava début de la vingtaine, franco-américaine, décidant de partir de France pour aller continuer ses études de psychologie sur un campus américain. On comprend rapidement qu'une douleur immense l'étreint chaque jour, qu'elle se sent coupable de quelque chose et que quelqu'un lui manque.
Elle va assister aux réunions d'un certain groupe, réunissant trois jeunes, ayant tous les trois une similarité, celle d'avoir tué quelqu'un de façon accidentelle lorsqu'ils étaient enfants. Ce qu'on appelle en anglais les "accidental killers". Des personnes qui n'avaient pas l'intention d'ôter la vie, une sorte d'homicide involontaire. Il n'y a pas vraiment de terme en français, mais c'est l'appellation anglophone. Ce groupe donc réunit Janice, Lexie et Aaron, trois étudiants du campus, ayant chacun leur histoire en rapport avec la mort. Une culpabilité avec laquelle ils vivent à chaque instant de leur vie. Lexie se fait par exemple suivre par un psy, Aaron passe son temps à faire du sport, tandis que Janice, extérieurement paraît bien, mais cachant en fait une profonde souffrance. Cornell, la trentaine, propose à notre franco-américaine de suivre les séances de ce groupe, afin qu'ils s'expriment sur leur expérience et leurs traumas pour les aider à aller mieux. Car finalement chacun de nous peut tuer accidentellement quelqu'un sans l'avoir voulu. Un enfant courant devant votre voiture que vous n'arrivez pas à éviter, des jeux d'enfants qui se terminent mal. Un rôle trop souvent laissé à l'abandon alors que ces personnes souffrent en silence.
Ava va donc les rencontrer, chacune de leur histoire faisant écho à la sienne. Car oui Ava n'est pas là par hasard, elle n'est pas là uniquement pour ses études de psychologie, mais pour elle-même... Pour l'aider également à aller mieux. Ce roman fait penser un peu à certaines séries américaines ados se déroulant sur les campus, le genre de "teen series" avec l'équipe de Cheerleading, le football américain, les sororités, et les soirées. C'est un peu dans cette ambiance-ci que tombe notre taiseuse française, qui a bien du mal à aller vers les autres et à se fondre dans la masse. Une jeune fille qui en France avait seulement une amie, Margaux qui lui manque chaque jour. Une jeune fille ayant une relation assez compliquée avec ses parents, assez différente de la normale. Une jeune fille qui souffre en silence et qui n'ose parler de cette souffrance, jusqu'à trouver un groupe qui lui ressemble. Une vie en "dents de si" comme elle dit.
Dans le récit, les dialogues fusent. Il y a très peu de descriptions, on croirait voir une série américaine avec justement beaucoup de dialogues. Ça m'a fait assez drôle, je me serais vraiment cru dans un campus américain. Une écriture assez simple, un roman accessible et sans fioritures. Avec également forcément de l'émotion, car le sujet est triste, on peut se mettre à la place de chacun d'entre eux car le cas des "accidental killers" pourrait arriver à n'importe lequel d'entre nous.
" Le groupe" de Isabelle Lagarrigue, 20.90€
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