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The correspondent

 Un roman qui s'est très bien vendu en version française, mais que pour ma part j'ai acheté en anglais. Tout simplement parce que c'était l'occasion de relire en anglais, et qu'il s'agissait du coup de cœur de Fiona, la propriétaire de la librairie anglophone de Lyon que j'adore, Damfine bookstore. Il y a encore quelques semaines, il n'existait qu'en grand format, et récemment comme il est sorti en format plus petit, ce que les anglophones appellent le "paperback", j'en ai donc profité pour me l'offrir. 

Lors d'un week-end à Lyon mi-juillet je suis donc passée récupérer cet achat, ainsi qu'un autre roman qui a l'air hyper intéressant, coréen que je lirai plus tard. Aussitôt acheté, aussitôt commencé quelques pages directement au café de la librairie. Je n'avais pas tellement réalisé avant d'en entendre parler sur les réseaux de plus en plus, qu'il s'agissait d'un livre uniquement constitué de correspondances littéraires. Vous me direz que le titre du livre amenait à cette conclusion plutôt évidente, mais ça ne l'était pas forcément pour moi. J'avoue que je ne lis que très rarement des romans épistolaires, je pense que je peux compter sur les doigts d'une seule main les fois où ça m'est arrivé. Cependant j'avais hâte de le découvrir.

On va donc suivre Sibyl, une femme de 73 ans au tout début du récit, celui-ci se déroulant sur environ huit ans. Elle est à la retraite depuis quelques années évidemment, et on apprend qu'elle était greffière pour un éminent juge qui meurt d'ailleurs au début. Elle a toujours adoré écrire, bien plus que parler, de par son métier, son enfance, et les évènements qu'elle a vécus. Elle écrit à plein de monde, à sa fille Fiona avec laquelle elle a une relation plutôt compliquée, à son frère Félix vivant en France depuis de nombreuses années, à sa meilleure amie Rosalie, à James qu'elle a connu grâce à son travail qui est désormais juge, même au fils de celui-ci qui est un enfant au début du roman, Harry, ainsi qu'à des cinéastes ou écrivains comme Kazuo Ishiguro ou Anna Gabaldon. La plupart du temps elle écrit des lettres, elle a même des jours et des horaires attitrés à cette activité, mais elle écrit et reçoit également des e-mails.

Grâce aux dates et aux personnes à qui elle écrit, on va en apprendre plus sur elle et sur les relations qu'elle entretient avec les personnes avec lesquelles elle correspond. Son voisin et elles s'écrivent même alors qu'ils vivent dans la maison à côté l'un de l'autre. Certaines situations sont très drôles, le caractère de notre vieille dame est assez fort et trempé, une femme haut en couleurs, qui au début m'a laissée un peu indifférente, avant de m'émouvoir. Le problème je trouve de ce genre de procédé de lettres et d'e-mails, est qu'il fallait que je tourne régulièrement la page pour savoir qui lui écrivait ou à qui elle écrivait. Afin de mieux cerner ce que j'étais en train de lire, sinon j'étais complètement perdue avant la fin de la correspondance. 

Certains échanges avec les uns et les autres sont très légers, voire pas très intéressants, mais au fil du récit, cela devient plus profond et plus triste... On apprend au début qu'elle a eu un accident de voiture, qu'elle ne se sert donc plus de son véhicule, ainsi que sa vision étant en train de disparaître. Sybil apparaît comme une femme plus complexe que je ne l'aurais pensé, ayant vécu une tragédie lorsqu'elle était plus jeune, ayant mené à son divorce avec son ex mari étant retourné vivre dans son pays d'origine, la Belgique. Durant tout le livre, on a des lettres inachevées pour certaines qui n'ont jamais été envoyées. Je me suis demandé à qui elles étaient destinées, et pourquoi elles n'avaient pas été envoyées.

Finalement, on va aller de révélations en révélations concernant sa vie. Elle entreprend des démarches poussées par certains, tandis qu'elle en entreprend d'autres par elle-même. Je l'ai trouvée très surprenante et drôle dans la seconde moitié du récit bien qu'elle m'ait fait parfois un peu de peine. Elle a des échanges complètement loufoques avec certains, ce qui donnent de la légèreté au roman que j'ai trouvé sympa mais qui n'aura pas été un coup de cœur.




"The correspondent" environ 12€ dans cette édition de Virginia Evans et existe en français au prix de 22.50€


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