Un titre que j'avais hyper hâte de découvrir de par le fait qu'il parle de la Corée du nord, un pays tellement fermé dont on ne sait pas grand chose, où dont les choses qui ressortent sont toujours les mêmes comme le régime oppressant, de censure, culte de la personnalité et propagande enfermant son peuple. Etant très intéressée par la Corée du sud et ayant vécu là-bas, j'ai également intérêt pour son voisin du nord menaçant. L'auteur s'est directement rendu sur place pour avoir de la matière pour écrire ce roman, sorte de Roméo et Juliette des temps modernes version dictatoriale.
Dans ce court roman de 150 pages, on a une bonne description du régime de la Corée du nord, un état replié sur lui-même formatant son peuple à la pensée unique, à l'interdit, au travail, à la dévotion et à l'amour de ses trois "sauveurs" que sont Kim Il Sung, Kim Jong Il et Kim Jong un. On fait croire au peuple qu'ils sont omniprésents et omnipotents, que même s'ils sont morts, ils sont toujours là, tels des Dieux. On leur fait croire que Kim Jong Un peut entendre les pensées du peuple, pour les canaliser et les empêcher d'avoir de mauvaises pensées et empêcher la rébellion. On suit le personnage de Yoon Gi, jeune homme visant une bonne université dans l'agriculture pour ensuite se rapprocher du Parti, une instance élevée proche du pouvoir de Pyongyang. Pyongyang vue comme une ville sacrée inaccessible où vit le "Cher Président" et "Cher Maréchal".
La mère de notre jeune homme possède un stand dans le marché de leur ville de Sinuiju, où elle revend des produits issus d'un trafic illégal avec la Chine, chose qui arrive souvent, où les membres du Parti ferment les yeux dessus, les trafics rapportant de l'argent à l'Etat. J'ai appris pas mal de choses dans ce roman comme le "songbun" une espèce de note selon le rang social d'un citoyen. Plus votre songbun est élevé plus vous aurez de chances de vous rapprocher du Parti, et donc du Guide suprême. Tout comme le fait que la Corée du nord ait un calendrier appelé "juche", basé sur la date de naissance de leur "sauveur", Kim Il Sung, débutant en 1912.
Le début du récit s'ouvre avec une scène d'exécution d'une personne ayant "défié" le régime et étant condamnée pour cela. Yoon Gi et sa classe y assistent, et lors de cet évènement, il croise le regard d'une belle jeune fille qui le déstabilise, Mi Ran, qu'il reverra, étant la fille d'un membre du Parti, son songbun étant sensiblement plus élevé que lui. Une véritable scission sociale existe dans le régime communiste et totalitaire du nord où mauvais songbun et bons songbun ne peuvent cohabiter.
Le jour de cette rencontre, de la beauté émerge de l'horreur, les deux jeunes gens assistant tout de même à une exécution. La jeune fille, malgré son rang, est tout de même forcée à des choses qu'elle ne veut pas et souhaite faire ses propres choix. Ils vont donc défier les règles pour tenter de s'aimer, cachés des yeux du régime qui les observe.
Une lecture intéressante sur le régime totalitaire de la Corée du nord, dans lequel vous en apprendrez plus sur ce pays, toujours perçu comme le démon, et à raison, mais également possédant de la beauté et de l'amour. Deux jeunes qui s'aiment malgré l'oppression, et le développement de la pensée unique. Si vous avez un intérêt pour l'histoire, la Corée du nord et/ou du Sud également, vous aimerez ce roman.
"Nous n'avons rien à envier au reste du monde" de Nicolas Gaudemet, 21€

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